21 février 2009

Crise économique : questionnement sur un effet boule de neige d’origine médiatique


Depuis plusieurs jours, j’essaye de comprendre. Et je n’arrive toujours pas. Je me vois donc dans l’obligation de m’en remettre à des commentateurs potentiels de cette note (dont je serai bien sûr l’obligé…) pour me faire expliquer les conséquences spécifiques de la crise sur les « contribuables de la première tranche ».
Je vous assure que j’ai mis beaucoup de bonne volonté, me hasardant même à interroger quelques personnes (sans connaissances notoires sur le sujet, j’en conviens).
Alors pourquoi donc les personnes déclarant entre 5687 € et 11 344 € (par part) sont-elles plus touchées que les autres ? Est-ce nécessairement cette catégorie de contribuables qui est le plus en proie aux licenciement ou au chômage technique (enfin, je crois qu’il faut dire « activité partielle », c’est plus doux et ça rend la réalité plus agréable) ? Pas forcément, sauf erreur de ma part. Alors, est-ce le fait du si souvent invoqué « pouvoir d’achat », qui aurait été plus sérieusement attaqué chez ces personnes ? J’ai, pour tout dire, du mal à l’envisager. Car, sauf erreur - une fois de plus, la crise économique que le pouvoir politique s’efforce d’attaquer à grands renforts de communication n’est pas porteuse d’inflation. Au contraire, selon toute vraisemblance. Alors que l’inflation avait culminé à 3,6 % en juillet dernier, elle s’est finalement établie à 0,7 % pour l’année 2008. Preuve évidente que les prix ont globalement reculé en fin d’année dernière. Et la tendance reste la même en 2009 : en janvier, l’indice des prix à la consommation (IPC) était en baisse de 0,4 %. Les dépenses des foyers dont les employeurs n’ont pas été particulièrement affectés par la crise (bref, ceux qui sont en « activité totale », et qui représentent encore la majorité des français) n’ont donc aucune raison d’avoir flambé.
Il est alors peut-être nécessaire de se demander si ce ne sont pas les effets d’une crise de confiance que les gouvernement cherche à endiguer avec cette relance par la consommation - qui aurait dû réjouir les camarades de la rue de Solferino. Une crise de confiance dont les journalistes pourraient être les vecteurs. Car il est malheureusement très difficile de ne pas trouver une information claire, précise, et argumentée sur la question dans les médias « de masse » (voire même certains autres dont on aurait pu espérer mieux). Chaque jour, les radios sont le théâtre d’émissions dans lesquelles l’auditeur omniscient nous expose son cas - très - personnel. Et comme c’est d’une manière général la même catégorie de personnes (qu’il ne faudrait pas stigmatiser, dois-je préciser) qui s’exprime. Le misérabilisme est peut-être une forme de générosité pour de nombreux journalistes : je peux le comprendre. Mais cela n’aide en rien les gens à comprendre les tenants et aboutissants d’un sujet. Et par la même occasion, cela peut - presque à coup sûr - provoquer une crise de confiance à l’origine d’une baisse de consommation.
Voilà donc comment, à mon avis, on arrive à devoir limiter les recettes fiscales d’un Etat qui n’a jamais été si près du gouffre sans être sûr que l’argent exceptionnellement laissé au contribuable ira dans les caisses des entreprises qui menacent de détruire (par la force des choses) des emplois plutôt que dans un bas de laine préparé pour pouvoir pallier au pire que nous prédisent tout en l‘amplifiant les médias. Laurence Parisot disait pourtant à juste titre que tout irait mieux si les entreprises en difficultés trouvaient les conditions de ne pas détruire ces précieux emplois. Ce serait évidemment mieux pour tout le monde. Mais il ne fait malheureusement pas bon, d’un point de vue exclusivement stratégique, écouter le patronat en ces temps d’agitation gauchiste.

20 février 2009

Si au moins on évoquait la nécessité d’un débat


Le service public de télévision ne produit - heureusement - pas que des divertissements et des téléfilms pour lobotomisés. Il lui arrive de proposer quelques reportages. Et le jeudi, c’est jour d’« Envoyé Spécial ».
Au programme de ce soir se trouvait un reportage intitulé « un rêve sans fin ». Derrière ce titre énigmatique, on pouvait découvrir un reportage qui nous présentait les théories de scientifiques qui seraient à même de prolonger notre vie, voire de nous rendre immortels. La seule question soulevée par les « journalistes » semble être celle de la réalisabilité des manipulations génériques (puisque c’est de cela qu’il s’agit) théorisées par lesdits scientifiques. Et c’est bien la que se situe « mon » problème.
A aucun moment n’est évoquée la question, pourtant centrale, de l’éthique. Nos journalistes incompétents (vous excuserez la liberté prise par mes doigts pour l’ajout de ce dernier qualificatif) n’ont à aucun moment non plus l’idée d’évoquer, même vaguement ou avec une tournure d’esprit qui ne serait pas la mienne, les conséquences sur l’équilibre démographique de la Terre ?
La télévision publique peut donc vous balancer que l’on pourrait faire « plein de choses » avec nos gènes, compte tenue des connaissances croissantes du génome humain, sans jamais soulever les questions éthiques, voire philosophiques afférentes. Pire, l’envie de dire, au travers des propos des scientifiques interrogés, que les sceptiques (voire les adversaires de ce « scientisme ») seraient des frileux avec qui la « bactérie n’aurait jamais évolué ». Je n’avais pas connaissance de l’intervention humaine dans l’évolutionnisme, mais je peux me tromper…
Bref, il y a au moins un débat de taille qui aurait besoin d’être ouvert lorsqu’on évoque de telles idées et France Télévision n’y songe même pas. C’est plutôt inquiétant.

14 février 2009

Famille et modernisme


Il faut adapter la famille à notre époque. C’est en tout cas ce que semble penser notre bon président de la République. Ou au moins ce qu’il ressort de son allocution de vendredi sur ce thème.
On retient en effet que le président entend adapter le congé parental d’éducation aux exigences de l’économie en en diminuant la durée (en échange d’une meilleure rémunération). Il ne faudrait quand même pas que ces saletés de gosses compromettent trop la carrière de leur mère ! On note aussi que le chef de l’Etat, sans doute habilement conseillé par sa secrétaire d’Etat au démantèlement de la famille et par les camarades de GayLib (le lobby gay du fan club présidentiel), propose la création d’un « statut du beau-parent ». Une mesure sans doute destinée à faire de la famille dite « reconstituée » (vous m’excuserez si je préférerais l’emploi plus réaliste de « famille déstructurée ») une richesse pour les enfants. Mais il est vrai que beaucoup de nos dirigeants sont depuis longtemps passés maîtres dans l’art de transformer tout échec en réussite…
Quel sens a cette proposition ? Un enfant ne devrait-il pas avoir assez de ses deux parents ? On fait dans le palliatif, pour simplifier la tâche à ces fameuses familles recomposées. Mais on ne fait pas grand-chose pour les enfants, pour l’éducation. Au contraire, on éparpille l’autorité parentale. Toujours au dépens de la famille traditionnel, c’est-à-dire du cadre le plus éprouvé pour l’épanouissement mais aussi l’éducation de l’enfant.
J’entendais d’ailleurs ce samedi des propos de Nadine Morano, la fameuse secrétaire d’Etat, symptomatiques de l’absence de clairvoyance du gouvernement en matière de politique familiale. A un journaliste de RTL qui lui demandait (en résumé) si elle comptait - enfin - appliquer le mise sous tutelle des allocations familiales elle a répondu que la mesure était déjà appliquée. Car cette mesure n’a aux yeux de la sous-ministre qu’un seul but : faire en sorte que l’argent des allocs ne soit pas détourné et qu’il serve à l’enfant (ce qui reste assez vague). Ladite mise sous tutelle n’aurait donc pas pour but de sanctionner les carences de l’éducation de certains parents (absentéisme à l’école, délinquance des enfants…). Pourvu que les parents se servent de l’argent des allocs pour acheter une Playstation, tout va bien pour le gouvernement. Nous pouvons donc être rassurés.
Je ne vous dirai donc pas qu’on peut ce demander si ce genre de triste scène (voir ici) est en passe de se produire en France.
Mais quand même, quand va-t-on enfin affirmer que les parents - et seulement les parents - sont les responsables de l’éducation de leurs enfants ? N’est-ce pas dans la famille, qu’il faudrait donc protéger, que se transmet tout ce qui sera utile à l’enfant (et l’on sait que l’éducation peut servir) ?
Il est urgent de mettre en place une politique familiale digne de ce nom qui permet aux parents de remplir pleinement leur rôle et qui garantit une structure stable pour l’enfant. Au lieu de cela, le gouvernement institue la dislocation de la famille.

7 février 2009

D’une logique implacable


J’ai été mauvaise langue. Jeudi soir, le communiquant de la République avait des annonces à faire :
D’abord, on a appris la suppression de la taxe professionnelle. Alléger les charges de toutes sortes pesant sur les entreprises pour améliorer leur compétitivité n’a évidemment rien de détestable. Alors, loué soit le président ? N’allons pas trop vite car, quand les journalistes ont demandé à Nicolas Sarkozy comment il comptait compenser le manque à gagner (dont le montant est assez discuté (c’est dire si on gère bien les finances publiques !), ce dernier a répondu, en toute simplicité, qu’il faudrait « inventer » (ou « créer », ce qui ne change pas grand-chose) une taxe. Avec ça, on sait où l’on va. Car on n’est malheureusement pas en situation de réduire sans cesse les recettes. Il est quand même bien dommage de ne pas savoir où on va… Et il m’est difficile de ne pas penser à une célèbre phrase de Churchill à la suite de cette dernière réflexion…
Et puis on a parlé réductions d’impôts. Le Nicolas Sarkozy de jeudi soir n’a envisagé qu’un seul type d’action : celle en direction des plus modestes. Avec deux idées, une fois de plus très imprécises (malheureusement). Soit on déchargerait les plus modestes du deuxième tiers provisionnel ; soit on supprimerait une tranche d’imposition. C’est cette deuxième « hypothèse » qui a attiré mon attention. Car le raisonnement de Nicolas Sarkozy à ce sujet m’a paru pour le moins étrange. Comme le dit fort justement Nicolas Sarkozy - monsieur de la Palice en aurait fait autant - les personnes qui se trouvent dans la première sont à la limite du seuil d’imposition. Logique ! Alors, libérons-les de cet impôt au taux plutôt réduit ! Tout va donc pour le mieux maintenant ? Oui, sauf que l’ancienne (enfin, fictivement) deuxième tranche se retrouve « à la limite du seuil d’imposition ». Alors, on la dégrève ? Bref, vous aurez compris que je trouve le raisonnement un peu court sur pattes. Je serais d’ailleurs partisan d’une imposition, même symbolique pour les plus pauvres, de tous les citoyens majeurs. N’est-ce pas cela qui pourrait peut-être (personne ne se fait trop d’illusions quant à une généralisation de l‘esprit de responsabilité…) responsabiliser certains bénéficiaires d’aides sociales de toutes sortes, mais aussi certaines personnes toujours promptes à revendiquer plus de dépenses publiques.
Voilà pour les annonces du président de la République jeudi soir.

5 février 2009

L'exemple

Lu dans Challenges, cette semaine :

Xavier Bertrand découvre la déliquescence de l'UMP : les salariés, casés par les
dirigeants successifs, sont, selon un proche, totalement fonctionnarisés ; il
faut des jours pour mettre en oeuvre la moindre décision.

Tu m'étonnes... C'est ça la politique-carrière ; on assure des places en oubliant complétement la réflexion politique. Il m'aura fallu du temps pour le voir !

4 février 2009

Je n’ai rien à regretter


J’ai rompu tout lien avec l’UMP. Et je ne le regrette pas. Evidemment, c’était en prévision de l’entrée d’un socialiste au sein de sa direction : je savais d’où je partais. Mais je trouve encore des moyens nouveaux de conforter (si cela était nécessaire…) un choix qui n’a pourtant pas été du tout difficile tant il est intervenu tardivement.
Dans un petit clip, apparemment diffusé lors du conseil national de l’UMP, qui nous présente une énième fois la merveilleuse « Union » (de la gauche et d’on ne sait quoi), on nous rappelle que l’UMP est pour toujours « plus de diversité » avec ses joyaux que sont Handipop (pour encaserner les handicapés et disposer d’un logo bien sympathique), GayLib (la même chose pour les gays, lesbiennes et on ne sait trop quoi d’autre) ou encore le « Cercle de la diversité républicaine » (pour ceux qui produisent plus de mélanine que moi). Et ils font quoi des blonds, catholiques, hétéro de droite ? Vive le communautarisme… qui amènera à créer de nouvelles « minorités » bien silencieuses !









Les Jeunes Pop’ (ou popies), avec leur président toujours à la pointe, ne sont pas en reste. On peut en effet lire sur le blog dudit président, dans un article repris après une visite londonienne, que l’UMP et ses chers popies « n’[a] pas d’alliance avec les conservateurs britanniques » quand le socialiste Antoine Détourné fait état de son soutien aux travaillistes. On sait que notre camarade Benjamin Lancar n’a rien compris du conservatisme (sinon son sens non politique) mais si l’UMP - qui n’avait déjà d’yeux que pour le candidat de la gauche américaine - n’est plus capable de se positionner à peu près à droite sur l’échiquier européen c’est bien grave. Nul n’est quand même besoin que les conservateurs britanniques fassent partie du fameux PPE pour qu’on identifie ce qui n’est pas tout à fait socialiste. Mais bon, je m’enfonce dans des conceptions compliquées pour l’UMP. Il faudrait que quelqu’un leur explique ce qui distingue a priori sans équivoque droite et gauche. En attendant, ils croient pouvoir faire la cour à des socialistes hypothétiquement déçus. Bon amusement.
Mais bon, j’arrête puisque je savais déjà que je ne pouvais me retrouver dans ces gens là. Reste qu’ils se disent parfois « de droite »…

Luc Chatel : entre graves inexactitudes et tendances communautaristes


Luc Chatel est porte-parole du gouvernement. Autrement dit, il est celui qui transmet la bonne parole de l’équipe qui « dirige » la France.
Dès lors, vous conviendrez que la responsabilité de M. Chatel est lourde et qu’aucun propos déplacé (on n’ira pas voir ce qu’il dit prudemment hors caméras) ne saurait être toléré.
Et pourtant. Parcourant hier soir lefigaro.fr, j’ai été interpellé par une phrase prêtée par le journal - pas forcément anti-gouvernemental - au fameux porte-parole : « le gouvernement ne peut condamner qu’avec la plus grande fermeté les propos qui ont été tenus par les membres de la Fraternité Saint Pie X. Ils sont inacceptables, abjects, intolérables ». Croyez-moi, j’ai pris le plus grand soin à recopier l’exact citation du « Fig » (aussi reproduite dans la version papier du journal).
Mais dites-moi donc : qui est condamné par M. Chatel dans « les membres de la Fraternité Saint Pie X » ? Est-ce Monseigneur Fellay, supérieur de la Fraternité qui, suite aux propos négationnistes de Monseigneur Williamson, s’est immédiatement désolidarisé de l’évêque lefebvriste Britannique ? Inutile de vous faire un dessin. En généralisant les propos de Mgr Williamson à tous les membres (et pas à « des membres », regardez-bien la citation) de la FSSPX, Chatel dérape, et gravement.
Peut-être peut-on préciser que cette phrase est extraite d’une interview accordée à Radio J, influente radio de la communauté juive dont les propos de l’invité politique du dimanche sont repris chaque semaine (vous pouvez me dire qui est le dernier politique ayant répondu aux questions de Radio Notre Dame ?)… Les juifs, victimes perpétuelles depuis les horreurs de la Shoah, méritent bien une petite sortie populiste. Et cette Eglise qui voudrait sous l’impulsion du Saint Père se réunir ne mérite-t-elle pas d’être au moins un peu blâmée ? Bon allez, j’arrête et vous laisse méditer.
Notons quand même que la chancelière allemande, Angela Merkel, a pour sa part fait le choix de condamner le Pape. Heureusement que Benoît XVI avait pris soin de condamner fermement le négationnisme de Mgr Williamson… A la décharge de Mme Merkel, disons quand même que les évêques qui donnent dans la surenchère anti-négationniste (il faudrait que l’Eglise s’auto-flagelle pour le négationnisme provocateur de Mgr Williamson) et prennent d’étrange libertés par rapport au Saint Siège, totalement hors de propos. Faut-il mettre ça sur le dos de la dictature de l’émotion, de l’indignation ? Je vous laisse m’éclairer.

30 janvier 2009

le-vrai-che.com : Entretien exclusif avec Jacobo Machover

Jacobo Machover, universitaire originaire de Cuba auteur de "la face cachée du Che", a accordé un entretien exclusif au site le-vrai-che.com qui fait campagne pour rétablir la vérité sur Ernesto Guevara.
Le-Vrai-Che.com : Aujourd’hui sort le second volet du film de Steven Soderbergh consacré à Che Guevara, avez-vous vu la première partie et qu’en avez vous pensé ? L’icône, symbole de libération et de justice, est-elle fidèle à la réalité ?
Jacobo Machover : L’interminable long métrage de Steven Soderbergh (plus de quatre heures et demie en deux parties), dont Benicio del Toro est à la fois l’acteur principal et le producteur, n’est rien d’autre qu’une nouvelle mystification autour du personnage de Che Guevara. C’est un film confus, qui vise à montrer un idéaliste, un guérillero argentin, qui donne sa vie pour ses idées et ses convictions. Mais il mentionne à peine la période où Guevara était au pouvoir à Cuba, entre 1959 et 1965. Là il n’a donné sa vie pour quiconque, il l’a plutôt ôtée à plusieurs dizaines de personnes, surtout lorsqu’il était à la tête de la forteresse de La Cabaña, où il présidait souvent le Tribunal révolutionnaire chargé d’envoyer à la mort ou de condamner à des peines pouvant aller jusqu’à trente ans de prison la plupart des accusés, jugés en quelques minutes ou quelques jours, tout au plus. Il y a à peine une allusion : les interventions de Guevara aux Nations Unies en décembre 1964, au cours desquelles celui-ci déclarait : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu’il le faudra. » Les cinéastes en question, de même qu’auparavant Walter Salles dans ses Carnets de voyage, produit par Robert Redford, n’avaient évidemment aucun intérêt à dire la vérité sur leur idole, un héros parfaitement cinématographique.

L-V-C : Peut-on parler d’erreurs inévitables ou bien de véritables crimes de guerre ?
J.M :Il n’y a eu aucune guerre à Cuba. La guérilla castriste a vaincu l’armée de la dictature de Batista parce que celle-ci était complètement démoralisée et ne recevait plus d’armes de personne. Les procès et les exécutions se sont déroulés à froid, sans la moindre menace extérieure à l’époque. Les guérilleros victorieux jouissaient alors du soutien de l’opinion publique nationale et internationale, y compris américaine. Mais, très vite, les médias, américains et autres, ont commencé à critiquer les actes barbares photographiés et filmés, annoncés en première page des journaux du pays et diffusés à la télévision et dans les documentaires d’actualités cinématographiques. Cela n’avait pour but que d’insuffler la terreur auprès de la population cubaine et des opposants potentiels. Che Guevara n’a eu aucun scrupule en appliquant à la lettre et même au-delà les consignes de mise à mort ordonnées par Fidel Castro et son frère Raúl.

L-V-C : Quel est aujourd’hui le bilan de la révolution castriste à Cuba ?
J.M : La disparition de Fidel Castro de la scène publique et sa substitution par son frère Raúl montrent bien que, en fait de révolution, il s’agissait surtout de l’accaparement du pouvoir (absolu) par un clan familial. Tous les « acquis », les « conquêtes », l’éducation, la santé, constamment mis en valeur par la propagande du régime, ne sont que de la poudre aux yeux. L’éducation, particulièrement, qui ressemble plutôt à un endoctrinement quotidien pour tous, adultes et enfants. Ceux-ci sont obligés de crier tous les matins : « Pionniers pour le communisme, nous serons comme le Che ! » Tous, petits et grands, se voient contraints de rendre culte à la figure du Commandant en chef, aujourd’hui décrépite, contrairement à l’image de Guevara, mort jeune au combat. L’embrigadement, d’ailleurs, crée des problèmes de santé mentale autrefois inconnus auprès de l’ensemble de la population. C’est pourquoi tellement de gens veulent fuir à tout prix ce que les autorités présentent comme un paradis mais que les Cubains vivent comme un enfer.

L-V-C : Comment expliquez-vous l’engouement d’une partie de l’intelligentsia française ?
J. M : L’intelligentsia française (et de beaucoup d’autres pays) n’entend pas renoncer si facilement à ses rêves de jeunesse. La Palme d’or décernée au festival de Cannes à Benicio del Toro et, à travers lui, au personnage du Che montre que la bêtise intéressée sévit toujours autant. Il faudra lui asséner sans relâche la vérité pour qu’enfin elle comprenne que son aveuglement volontaire a servi et sert encore d’instrument à la volonté de perpétuation de la dynastie castriste. C’est en partie à cause de son appui que celle-ci peut encore jouir d’une telle indulgence, aussi bien en Europe qu’en Amérique latine ou même aux Etats-Unis. Néanmoins, les intellectuels critiques sont de plus en plus nombreux. Ceux-là sauvent l’honneur de la pensée contre l’ignorance et la complicité ambiantes.

29 janvier 2009

Habiles stratèges


Depuis des semaines voir des mois, le 29 janvier est inscrit à l’agenda de tous nos chers leaders syndicalistes. Ce jeudi était la date à laquelle toutes les dures luttes devaient converger. Toutes les grandes « centrales » s’étaient mises d’accord : tout le monde devrait protester ce jour-là.
Contre quoi ? Là est une bonne question, finalement récurrente à l’occasion de ces « mouvements sociaux ». Il suffisait de voir cette semaine François Chérèque (je prends l’exemple de celui que j’ai vu le plus de fois bégayer) lutter pour légitimer son mouvement. Mais oui, il faut bien une grève pour protester contre la crise, occasion rêvée pour parler de baisse du pouvoir d’achat (tout le monde passera sous silence la tendance déflationniste sur certains produits, à commencer par les carburants), de crainte des salariés pour leur emploi et tout le toutim.
C’est vrai, pour cette deuxième catégorie : des entreprises, fragilisées par les conséquences de la crise mondiale (tiens, pourquoi pas un manif mondiale avec à l‘avant « nos » gauchistes) pourraient licencier. Sauf que les grévistes sont concentrés, comme d’habitude, dans le secteur public. Et que leur altruisme est toujours aussi bien caché. Il faudrait parfois donner à ces professionnels de la revendication des cours d’économie basique pour qu’ils comprennent l’étroitesse du lien entre augmentation du coût de la main-d’œuvre et augmentation du coût de la vie. Ça pourrait être un bon investissement.
Mais venons-en là où je veux arriver : la situation à Paris aujourd’hui, ou en tout cas à la RATP. La loi sur le « service minimum » (c’est ainsi qu’elle est référencée médiatiquement, même si l’appellation est abusive) oblige les grévistes à se déclarer individuellement à leur employeur 48 heures avant le début du conflit. C’est ainsi que la RATP avait pu, dès mardi, fournir des prévisions de trafic particulièrement précises, ligne par ligne (pour le métro). On savait donc que le trafic serait perturbé mais que des trains circuleraient sur toutes les lignes.
Mais voilà que, surprise, les métros semblaient - significativement - plus nombreux sur les lignes qu’annoncé. Pourquoi ce cadeau ? Les syndicats auraient-ils convaincu des non-grévistes à se déclarer 48 heures à l’avance pour dégrader les prévisions et ainsi donner au mouvement une ampleur potentiellement plus importante ? C’est clairement ce que je me demande, et c’est pour tout dire la seule explication qui me paraît rationnelle, vues les plannings précis que la loi sur le service minimum autorise. Les syndicats auraient ainsi trouver un moyen de paralyser la France en faisant craindre d’importants blocages sans faire courir de risque de perte de salaire pour leurs ouailles. Qu’ils sont imaginatifs, ces bons camarades.
Reste que je trouve que le syndicalisme a quelque chose de très ingrat : les gentils syndicalistes ne peuvent prétendre qu’à la satisfaction de s’opposer… et d’obtenir des « acquis » qui compromettront un peu plus l’avenir des générations à venir. C’est triste.

25 janvier 2009

Au secours des toxico !


On apprend, non sans émotion, que près de 40 consommateurs d’héroïne de la Seine-Saint-Denis, du Val d’Oise et de l’Oise auraient été victimes de surdoses. La raison ? Ils auraient consommé une héroïne mélangée à des anxiolytiques. Méchants dealers !
Il n’en faut pas plus pour lancer une enquête visant ces commerçants dont la qualité de la marchandise laisse à désirer. Que demander de plus ? L‘Etat n’est-il pas dans son rôle quand il protège les consommateurs d’escrocs malveillants ?
Sauf que, réflexion faite, je crois le rappeler que l’héroïne est un produit stupéfiant, illégal en France que ce soit à l’achat ou à la vente. Alors, comment peut-on dire que la qualité d’un produit dont la consommation est interdite par la loi pour des questions évidentes de dangerosité laisse à désirer ? L’illégalité du produit permet-elle quand même de juger de la « qualité » du produit ? Franchement, si l’héroïne est interdite sur le territoire français, c’est bien qu’il y a une raison ; et cette raison n’est-elle pas sa dangerosité ?
Alors, d’un point de vue simplement logique (je ne peux prétendre adopter un point de vue légal - qui devrait soit dit en passant être en adéquation avec une certaine logique), peut-on voir dans cette affaire des victimes et des malfrats ou y a-t-il simplement de part et d’autre des gens hors la loi ? Je pencherais pour le second choix. Et tant pis pour ceux qui peuvent être surpris par une « qualité irrégulière » de l’héroïne… Il n’y de toutes façons aucune norme de qualité en la matière, sauf erreur.
Il est déjà assez alarmant de voir sur les trottoirs des distributeurs de seringues, alors n’allons pas plus loin dans la « schizophrénie judiciaire » en donnant quelque droit que ce soit aux toxicomanes. Qu’ils assument au moins la mise hors la loi qu’entraîne automatiquement la consommation d’un produit illicite.