Depuis plusieurs jours, j’essaye de comprendre. Et je n’arrive toujours pas. Je me vois donc dans l’obligation de m’en remettre à des commentateurs potentiels de cette note (dont je serai bien sûr l’obligé…) pour me faire expliquer les conséquences spécifiques de la crise sur les « contribuables de la première tranche ».
Je vous assure que j’ai mis beaucoup de bonne volonté, me hasardant même à interroger quelques personnes (sans connaissances notoires sur le sujet, j’en conviens).
Alors pourquoi donc les personnes déclarant entre 5687 € et 11 344 € (par part) sont-elles plus touchées que les autres ? Est-ce nécessairement cette catégorie de contribuables qui est le plus en proie aux licenciement ou au chômage technique (enfin, je crois qu’il faut dire « activité partielle », c’est plus doux et ça rend la réalité plus agréable) ? Pas forcément, sauf erreur de ma part. Alors, est-ce le fait du si souvent invoqué « pouvoir d’achat », qui aurait été plus sérieusement attaqué chez ces personnes ? J’ai, pour tout dire, du mal à l’envisager. Car, sauf erreur - une fois de plus, la crise économique que le pouvoir politique s’efforce d’attaquer à grands renforts de communication n’est pas porteuse d’inflation. Au contraire, selon toute vraisemblance. Alors que l’inflation avait culminé à 3,6 % en juillet dernier, elle s’est finalement établie à 0,7 % pour l’année 2008. Preuve évidente que les prix ont globalement reculé en fin d’année dernière. Et la tendance reste la même en 2009 : en janvier, l’indice des prix à la consommation (IPC) était en baisse de 0,4 %. Les dépenses des foyers dont les employeurs n’ont pas été particulièrement affectés par la crise (bref, ceux qui sont en « activité totale », et qui représentent encore la majorité des français) n’ont donc aucune raison d’avoir flambé.
Il est alors peut-être nécessaire de se demander si ce ne sont pas les effets d’une crise de confiance que les gouvernement cherche à endiguer avec cette relance par la consommation - qui aurait dû réjouir les camarades de la rue de Solferino. Une crise de confiance dont les journalistes pourraient être les vecteurs. Car il est malheureusement très difficile de ne pas trouver une information claire, précise, et argumentée sur la question dans les médias « de masse » (voire même certains autres dont on aurait pu espérer mieux). Chaque jour, les radios sont le théâtre d’émissions dans lesquelles l’auditeur omniscient nous expose son cas - très - personnel. Et comme c’est d’une manière général la même catégorie de personnes (qu’il ne faudrait pas stigmatiser, dois-je préciser) qui s’exprime. Le misérabilisme est peut-être une forme de générosité pour de nombreux journalistes : je peux le comprendre. Mais cela n’aide en rien les gens à comprendre les tenants et aboutissants d’un sujet. Et par la même occasion, cela peut - presque à coup sûr - provoquer une crise de confiance à l’origine d’une baisse de consommation.
Voilà donc comment, à mon avis, on arrive à devoir limiter les recettes fiscales d’un Etat qui n’a jamais été si près du gouffre sans être sûr que l’argent exceptionnellement laissé au contribuable ira dans les caisses des entreprises qui menacent de détruire (par la force des choses) des emplois plutôt que dans un bas de laine préparé pour pouvoir pallier au pire que nous prédisent tout en l‘amplifiant les médias. Laurence Parisot disait pourtant à juste titre que tout irait mieux si les entreprises en difficultés trouvaient les conditions de ne pas détruire ces précieux emplois. Ce serait évidemment mieux pour tout le monde. Mais il ne fait malheureusement pas bon, d’un point de vue exclusivement stratégique, écouter le patronat en ces temps d’agitation gauchiste.
